La vie me niaise

9 12 2008

Aujourd’hui, on dirait que la vie me niaise. On dirait qu’elle m’a fait un finger dans ma face.

J’étais en retard de 5 jours. Et je suis tellement désillusionnée de ces temps-ci qu’au lieu d’attendre que mes règles ne viennent pas, j’attendais qu’elles viennent. Vous me suivez? J’étais certaine d’être menstruée d’un moment à l’autre. Puis au moment où j’ai pensé que ça pourrait finalement que je sois enceinte, que je fasse renaître l’espoir en moi, que j’aille me procurer un test de grossesse à la pharmacie par un soir de grand froid… Et bien le lendemain matin, à peine 8 heures plus tard, je suis menstruée. Dans les dents.

Je peux tu vous dire que le 2 heures d’espoir que je me suis allouée, je l’ai en travers de la gorge à matin.





Aujourd’hui, je suis triste et fâchée

10 09 2008

Triste parce que je dois encore attendre, parce que ça a pas marché, parce que je suis dans ma semaine.

Pis je suis fâchée contre moi, tout simplement. Je sais que je ne dois pas forcer les choses, que je dois laisser aller, que je dois faire confiance à la vie… Ces “états zen” doivent venir de moi, ce sont des positions émotives et mentales face à ma situation dont je suis la seule responsable. Et ce qui me fait le plus chier là-dedans, c’est que je ne suis pas capable d’y arriver. Je ne suis pas capable consciemment de me délester de toute attente. Je VEUX avoir un bébé, je suis pas capable de faire semblant. Pas capable de me dire “fuck off, ce sera une autre fois” pis là que je tombe enceinte parce que ça a l’air que c’est ça la formule magique.

Fac oui, je comprends pas trop comment faire pour dealer avec cette contradiction: je veux un enfant mais je ne dois pas vraiment trop le désirer parce que cette pression supplémentaire nuit à ma fertilité.

J’ai pas l’horloge biologique dans le tapis, je veux juste qu’un de mes rêves se réalise. Pis ça fait quasiment 2 ans que j’essaie et là je trouve ça long.





Vidange

26 08 2008

Pas dans le sens de “poubelle” là! Vidange dans le sens de “vidage”. En plus ça fait “vi(e)d’ange” si on extrapole un peu. In-cro-ya-ble.

Je me suis rappelée cette semaine que j’avais encore ce blogue et qu’écrire m’a toujours fait du bien. J’ai donc joint l’utile à l’agréable, soit le sujet de ce que je n’ai (pas) dans le ventre à l’apaisement thérapeutique de tapocher doucement sur un clavier.

Depuis 2 semaines, je suis un peu déprimée. En fait, je ressens vraiment le vide et la tristesse de ne pas être encore retombée enceinte. C’est très latent, c’est rien de bien concret. Juste une émotion qui m’accapare et qui me fatigue. Ça fait déjà plus d’un an que j’ai eu ma fausse couche. C’est long en simonac.

Déjà quand j’ai “fêté” le premier anniversaire de mon curetage, le 10 juillet, ça été un moment difficile. Un deuil, c’est 4 saisons comme dirait ma cousine Pascale. J’ai ressenti toutes les émotions de la même période un an auparavant mais en condensé. Quelle journée spéciale. On était en écriture intense avec les Moquettes pour notre show à la Place-des-Arts. Une chance que j’étais pas toute seule chez nous et que je pouvais me concentrer sur autre chose. Une chance que je suis bien entourée.

Alors voilà. C’est pesant dans mon coeur. Je ne comprends pas trop comment ça se fait que je suis encore en train d’attendre. Je suis assez sage, je me repose, je travaille moins. Je ne suis peut-être pas top forme, c’est vrai que j’ai eu pas mal de stress au cours des 3-4 derniers mois, mais ma vie était de même avant que je tombe enceinte la première fois. Pareille.

J’ai essayé de trouver des justifications: la vie te dit que c’est le moment de faire autre chose, enweille la carrière, let’s go les voyages, fais le party fille! C’est un peu de la marde. Les justifications ça finit par ne rien justifier. En fait, ça ne fait pas de sens. Pourquoi on cherche toujours un sens à tout ce qui nous arrive?

Alors j’apprends toujours à lâcher prise et faire confiance à la nature et la vie, entre deux périodes de menstruations décevantes. Aujourd’hui par contre, j’ai décidé d’aider la nature un peu. Je suis allée voir une ostéopathe pour me titiller la fertilité. On verra bien ce que ça donnera.





L’exposition

31 08 2007

Hier soir je suis allée voir l’exposition Le monde du corps 2 au Centre des Sciences. Depuis une semaine que je faisais des jokes de cadavres avec ma soeur Nadine, j’avais hâte de savoir ce qu’il en était. J’étais un peu sous le choc au début de voir tous ces écorchés éventrés exhibés… Puis finalement, on s’habitue et ça devient banal. J’ai appris beaucoup de trucs et j’étais surtout fascinée de comparer des organes sains avec des organes malades.

Puis, je vois au loin une bannière qui annonce la partie Système reproducteur et génital (quelque chose comme ça). Ummm. Je sais pertinemment qu’il y a un foetus exposé, des madames se sont exclamées “as-tu vu comment y’était petiiiiiiiiiiiiiiiit!” près de moi, ailleurs dans la salle. Je redoute un peu ma réaction mais ma curiosité l’emporte.

Je m’approche donc d’une première table vitrée. Je vois au loin un foetus de 5 mois qui flotte dans un tube transparent. Oufff. C’est presque un bébé. Les larmes me montent au yeux. Je ne suis pas capable de regarder une seconde de plus. Je mets à pleurer. Une chance que Jonathan est pas trop loin derrière. On se retire dans un coin et on se console. On est encore triste.

Je m’essuie les yeux et je rejoins Nadine et Valérie qui attendent leur tour près d’un autre display. Sur celui-là, dans des tout petits tubes transparents, des embryons de la semaine 4 à la semaine 8. On part du grain de sable à la crevette. Je ne peux pas m’empêcher de remarquer à voix haute à la dernière éprouvette: “Le mien, y’était comme ça”. Et puis là  ma gorge se serre (encore en ce moment, alors que j’écris elle se serre) et je tente de trouver la sortie au plus vite avant d’éclater en sanglots. Jonathan a l’oeil rouge aussi alors qu’on se dit que cette aventure n’est pas encore finie.

J’imagine que le fait de voir le minuscule bébé de huit semaines a matérialisé une partie de ma peine et l’a fait revivre. Ça m’a beaucoup shakée. Combien de sursauts vais-je vivre encore?





La guérison

6 08 2007

Je reviens tout juste d’un rendez-vous chez mon médecin. Il était déjà pris dans le temps que j’étais encore enceinte et de toutes façons, après un curretage, le gynéco m’avait dit qu’il fallait que je la voie anyways. D’un coup qu’il y aurait des complications et pour le soutien psychologique j’imagine.

Dans mon cas, ça s’est déroulé tellement bien physiquement (pas de douleur, presque pas de saignement) et psychologiquement (plein de support et d’amour de toutes parts!) qu’elle m’a fait part des résultats de mes prises de sang, de mon test d’urine et de ma demande à la CSST. Avis à toutes les travailleuses autonomes: nous ne sommes pas éligibles au retrait préventif. Tout comme les médecins d’ailleurs… C’est ce qu’elle m’a dit!

Ça m’a un peu shakée en dedans de raconter encore mon long séjour à l’hôpital et surtout de la revoir, un mois après qu’on ait appris la triste nouvelle. Exactement un mois en fait, c’était le 6 juillet. Les émotions sont beaucoup mois vives, mais y’a toujours un peu d’incompréhension qui reste. J’ai compris que c’était la nature, que c’était pour le mieux, que c’était répandu… mais y’a quand même un “pourquoi nous autres” qui reste. J’imagine que c’est une épreuve que Jon et moi devions traverser afin de tester notre couple et les raisons qui nous poussent à fonder une famille. Et bien ça confirme ce que je pensais quand je l’ai marié: Jonathan, c’est le bon.

Nous avons vécu notre deuil en simultané. Nous étions tristes et assez renfermé sur nous-mêmes. On s’est éloigné l’un de l’autre pour digérer la peine en solitaire. On a repris notre routine de workaholic, en pensant que la tristesse allait s’estomper et que tout allait revenir comme avant. Mais des fois, la vie nous rappelait en pleine face que c’était pas encore terminé. Petite parenthèse à ce sujet… Je n’ai pas senti de jalousie par rapport à d’autres nouvelles mamans. Par contre, apprendre qu’une amie était tombée enceinte par accident, ça m’a fait quelque chose. Un sentiment d’injustice: y’en a qui en veulent même pas et qui ont un bébé quand même. Fin de la parenthèse.

Ce qui est vraiment incroyable avec Jonathan, c’est que nous sommes capables d’avoir un recul par rapport à notre couple et s’observer de l’extérieur. Alors qu’on était loins l’un de l’autre, on le savait. On se gardait à l’oeil pour ne pas se perdre. Et puis, ça a débloqué le weekend passé. Jonathan était parti 2 jours à Éclipse, se défouler en nature sur de la grosse musique forte. Je me suis ennuyée. J’avais le goût de le retrouver, lui. Et c’était réciproque. On a reconnecté à mon retour d’une répétition très tard dimanche soir, on a jasé très très longtemps et ça a fait du bien.

On est donc passé à un autre stade! Je ne crois pas qu’on va se garrocher dans la procréation, même si mon cycle menstruel est revenu à la normale. J’ai le goût de retrouver mon homme, de passer du temps avec lui et me confirmer à moi-même que c’est vraiment le bon temps pour moi de devenir maman. Me poser les vraies bonnes questions quoi.